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Les frères Grimm

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Il était une fois un roi. Où il régnait et comment il s'appelait, je n'en sais plus rien. Il n'avait pas de fils, mais une fille unique. Elle était toujours malade et aucun docteur ne pouvait la guérir. Quelqu'un dit au roi qu'elle retrouverait la santé si elle mangeait des pommes. Le roi fit savoir dans tout le pays que celui qui apporterait à sa fille des pommes qui la guériraient la recevrait en mariage et serait fait roi. Parmi ceux qui en entendirent parler se trouvait un paysan qui avait trois fils :

Que personne ne dise qu'un pauvre tailleur ne saurait aller loin, ni parvenir à de grands honneurs! Il lui suffit de frapper à la bonne porte et, ce qui est le principal, d'avoir de la chance.

Il était une fois une petite fille dont le père et la mère étaient morts. Elle était si pauvre qu’elle n’avait ni chambre ni lit pour se coucher; elle ne possédait que les vêtements qu’elle avait sur le corps, et un petit morceau de pain qu’une âme charitable lui avait donné; mais elle était bonne et pieuse. Comme elle était abandonnée de tout le monde, elle se mit en route à la garde du bon Dieu.

Le bon Dieu créa tous les animaux et choisit ensuite les loups pour chiens , mais il avait oublié la chèvre. Et le diable se mit en tête de créer lui aussi, et il créa des chèvres avec de longues queues soyeuses. Lorsqu'elles allaient paître, elles s'accrochaient avec leurs queues aux buissons épineux; le diable en fut si las de les en délivrer qu'il leur arracha la queue à toutes... À présent, le diable les laissait paître en toute liberté mais le bon Dieu voyait les chèvres ravager les riches vignobles. Il fut obligé de lâcher ses loups sur les pâturages.

Un jour, un homme était assis devant sa porte avec sa femme; ils avaient devant eux un poulet rôti dont ils s'apprêtaient à se régaler. L'homme vit venir de loin son vieux père; aussitôt il se hâta de cacher son plat pour n'avoir pas à en donner au vieillard. Celui-ci but seulement un coup et s'en retourna. A ce moment, le fils alla chercher le plat pour le remettre sur la table; mais le poulet rôti s'était changé en un gros crapaud qui lui sauta au visage et s'y attacha pour toujours.

Il était une fois un roi et une reine qui avaient tout ce qu'ils souhaitaient, mais ils n'avaient pas d'enfant. La reine était désespérée, et tous les jours et toutes les nuits elle se lamentait :- « Je suis comme une terre en friche où rien ne germe. »
Enfin le ciel exauça ses prières ; mais lorsque l'enfant fut né, il ne ressemblait en rien à un homme: c'était un petit âne. Lorsque sa mère le vit, elle se mit à se lamenter de plus belle :

- Toi, où tu vas ? - Moi ? Mais à Walpe. - Tu vas à Walpe, je vais à Walpe, alors ça va, on y va donc ensemble.

- Es-tu mariée aussi ? Comment s'appelle ton mari ? - Henri, c'est mon mari. - Ton mari c'est Henri, mon mari c’est Henri, tu vas à Walpe, je vais à Walpe, alors ça va, on y va ensemble.

- Et tu as un enfant aussi ? Comment s'appelle ton petit ? Mon petit ? Bris. - Ton petit, Bris; mon petit, Bris; ton mari c'est Henri, mon mari c'est Henri; tu vas à Walpe, je vais à Walpe, alors ça va, on y va donc ensemble.

Une demoiselle de Brakel alla un jour à la chapelle de Sainte-Anne, au-dessous d'Hunenbourg. Et comme elle désirait beaucoup trouver un mari, se croyant seule dans la chapelle, elle se mit à chanter :
O sainte Anne bénie,
rouvez-moi un mari!
Vous le connaissez, oui :
Il est blond, il habite
A Suttmer, près d'ici.
Vous le connaissez, oui!

A mi distance entre Ouerle et Souste demeurait un homme appelé Gnaste, qui avait trois fils : le premier était aveugle, le second paralytique et le troisième nu comme ver. Un jour qu’ils se promenaient à travers champs, ils aperçurent un lièvre que l’aveugle tira, que le paralytique ramassa et que le nu comme un ver mis dans sa poche. Ils arrivèrent ensuite sur la rive d’un fleuve large et puissant, et il y avait là trois barques: l'une était à jour, l’autre coulée et la troisième sans fond. Ils montèrent tous trois dans la barque sans fond.

Une pauvre paysanne s'en alla dans les champs pour couper le fourrage. Elle y alla avec ses filles - sa propre fille et sa belle-fille. Soudain, Dieu se présenta devant elles sous l'apparence d'un homme pauvre et demanda :
- Pouvez-vous m'indiquer le chemin pour aller au village ?
- Il faudra le trouver vous-même, rétorqua la mère.
Et la fille renchérit :
- Quand on a peur de s'égarer, on part accompagné.
Mais la belle-fille proposa :
- Venez, brave homme, je vous guiderai.

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